(Actualisé avec détails et citations)
par Elizabeth Pineau
La candidate du Rassemblement national pour l'élection présidentielle 2027 en France, Marine Le Pen, a déclaré mardi qu'elle souhaitait ramener le déficit budgétaire du pays à 3% d'ici 2030, invitant le pays à faire les "bons choix" sous peine deperdre son autonomie financière.
Le gouvernement prévoit pour cette année un déficit représentant 5,4% du produit intérieur brut (PIB), anticipe 5% dans son projet de loi de finances 2027, tout en gardant l'objectif de rester sous la limite européenne de 3% en 2029.
S'exprimant au siège du RN lors d'une conférence de presse consacrée à la trajectoire budgétaireen cas de victoire à l'élection présidentielle du printemps, à laquelle elle part pour l'instant favorite, Marine Le Pen a promis une économie cumulée de 140 milliards d'euros sur le quinquennat.
"Compte tenu de la hausse des taux et du budget indigent que proposent Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron, je vous annonce dès maintenant que nous portons l'ajustement nécessaire à 140 milliards d'euros nets d'économies en 2032 par rapport à 2026", a déclaré la candidate d'extrême-droite.
"La dérive des comptes publics est finie", a-t-elle assuré, annonçant une baisse de 125 milliards à l'horizon 2030 pour arriver à 140 milliards deux ans plus tard.
Au chapitre des économies, la candidate a notamment annoncé la fin du "mille feuilles" territorial, la disparition de la quasi-totalité des agences d'Etat, le versement d'une allocation sociale unique, une baisse drastique de l'aide publique au développement au profit de l'Outre-mer et une contribution de la France au budget de l'Union européenne ramenée à cinq milliards d'euros contre près de 29 milliards prévus pour cette année.
Outre une lutte accrue contre les fraudes, Marine Le Pen a annoncé le prélèvement à la source de la TVA, représentant selon elle un gain de quelque 26 milliards d'euros.
15 MILLIARDS D'ÉCONOMIES SUR L'"IMMIGRATION"
Le chapitre "immigration", censé faire l'objet d'un référendum instaurant une préférence nationale si le RN arrive au pouvoir, devrait selon elle permettre une économie de quelque 15 milliards d'euros dès la première année.
Marine Le Pen, qui était accompagnée du président du RN, Jordan Bardella et du député Jean-Philippe Tanguy, n'a pas détaillé sa réforme des retraites, censée permettre entre 15 et 20 milliards d'économies.
En matière d'imposition, un "effort" sera demandé aux "plus favorisés" via un impôt sur la fortune financière.
"Cette trajectoire n'est pas un plan d'austérité, elle permet de financer des droits nouveaux", a dit Marine Le Pen, qui s'est notamment adressée aux jeunes à qui elle a promis une "sacralisation" du budget de l'Education nationale, la priorité nationale pour les logements étudiants, le recrutement d'infirmières scolaires et gratuité du permis de conduire pour "les jeunes au casier judiciaire vierge"
"Desserrer le noeud coulant de la dette permet de retrouver le progrès", a-t-elle aussi souligné.
Jordan Bardella a présenté de son côté un "contre-budget" à celui préparé par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour 2027.
A la question de savoir si le RN allait censurer le gouvernement, Marine Le Pen s'est réservé toutes les possibilités tout en mettant en avant le danger d'une éventuelle crise financière due à la dette française.
(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Benoit Van Overstraeten)

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